Fiche n°6 – le développement

 

 

Un bon développement est un développement qui répond de manière claire, organisée  et argumentée à la question posée en mobilisant  des connaissances de cours et des informations prélevées dans les documents fournis.    La réussite du développement passe par le respect de plusieurs règles.

 

1-Répondre à la question.   Un développement qui se contente d’énumérer des connaissances en rapport avec le sujet sans les intégrer dans une réponse à la question posée ne

peut être de réussi.  Il faut s’efforcer de reprendre les thermes de la question posée et d’utiliser les thermes de l’argumentation (donc, car, puisque, c’est pourquoi, par ailleurs,

bien que…)

 

Exercice :  sont reproduits ci-dessous deux extraits de paragraphes argumentés traitant le sujet proposé sur la fiche n°5 (la monarchie absolue en France sous le règne de

Louis XIV). Pour mémoire, l’introduction proposée pour ce sujet était la suivante :

Entre 1661 et 1715, sous le règne personnel de Louis XIV, la monarchie absolue a atteint en France son apogée.    Pourquoi peut-on affirmer que la monarchie absolue a atteint son apogée sous

 Louis XIV ?

 

Trouve lequel des deux extraits suivants répond bien à la question posée dans l’introduction puis souligne dans cet extrait tous les passages qui reprennent les termes de

la question et qui montrent bien au correcteur que l’élève est en train de répondre à la question.

 

Proposition 1

Louis XIV  a régné et gouverné seul de 1661 à 1715. Louis XIV a fait construire un grand château à Versailles où il vivait et gouvernait entouré d’une cour. Il y avait dans ce

 château une grande salle de réception richement décorée, la galerie des glaces. Les grands nobles cherchaient à s’approcher de Louis XIV et lui étaient soumis.  Louis XIV

a nommé de nombreux intendants en province. Louis XIV nommait tous les ministres. 

 

Proposition 2

Louis XIV était un monarque absolu, c’est-à-dire un monarque  qui  gouverne sans partage, car il n’avait pas donné de successeur    à Mazarin  mort en 1661 : Louis XIV

gouvernait seul. Afin d’imposer son autorité aux Grands du royaume Louis XIV fit ériger à Versailles  un château aux dimensions inédites, magnifiquement décoré et entouré

de jardins exceptionnels, afin d’impressionner ses visiteurs, d’affirmer le prestige et la supériorité du monarque. Louis XIV  y entretenait une cour  comprenant les plus

grands nobles du royaume qui, cherchant à faveurs du roi lui devinrent parfaitement soumis ; la soumission des grands nobles au pouvoir monarchique atteignit un niveau

jamais atteint dans l’histoire de la monarchie : c’est aussi parce qu’il n’avait plus à partager son pouvoir avec les Grands nobles que Louis XIV était un monarque absolu.

 

 

2- Construire un plan   

 

Pour être clair et bien organisé, le développement doit être structuré en deux ou trois parties correspondant chacune à un élément de la réponse. La somme des réponses

apportées à chacune des réponses doit constituer une réponse complète à la question posée en introduction.

 

Exemple 1 : si l’on reprend le sujet pris en exemple ci-dessus, on pourra proposer  les trois parties suivantes (d’autres plans auraient été possibles):

1-Un monarque absolu car de droit divin.

2-Louis XIV gouverne seul et  s’appuie sur les intendants

3-Versailles : Louis XIV soumet les nobles

 

Dans cet exemple de sujet, la détermination du plan est assez compliquée pour des élèves de 4èmes. La plupart du temps, le plan est suggéré par l’intitulé du sujet.

 

          Exemple 2 :

Sujet :   tu rédigeras un paragraphe argumenté dans lequel tu expliqueras comment l’Ancien Régime a pris fin en France en 1789.  Il s’agira d’expliquer comment la monarchie absolue a pris fin,

comment les privilèges et la société d’ordres ont été abolis et de présenter les nouveaux principes juridiques et politiques sur lesquels le nouveau régime devait être fondé.

        

      Le sujet suggère par sa formulation le plan suivant :

1-La fin de la monarchie absolue

2-La fin de la société d’ordres

3-Les principes juridiques et politiques nouveaux : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

 

Exercice : trouvez le plan suggéré par le sujet suivant

Sujet :   tu rédigeras un paragraphe argumenté sur la remise en cause  de l’absolutisme en France. Il s’agira de présenter les différentes critiques adressées par les

philosophes contre la monarchie absolue, l’incapacité de la monarchie à adopter les réformes attendues par la population face à la crise des années 1780 et enfin 

la contestation de l’absolutisme par  les cahiers de doléances.

 

 

 

3-Mobiliser les connaissances de cours

 

Un bon développement doit s’appuyer sur des connaissances acquises au cours de l’année : un développement dont l’argumentation ne serait étayée que sur les uniques informations extraites des documents ne pourrait être satisfaisant.  Pour chaque sujet, le correcteur s’attendra à trouver dans le développement quelques notions, quelques

événements importants ou encore un ou plusieurs personnages historiques ayant joué un rôle-clé. Le travail de délimitation thématique, spatial et chronologique effectué

en introduction est ici déterminant pour choisir pertinemment ces connaissances de cours et éviter les hors-sujet.  

 

Exercice:   raye parmi les notions, événements et personnages historiques présentés dans le tableau ci-dessous ceux qui ne doivent pas être mobilisés dans un paragraphe

traitant le sujet  sur la monarchie absolue pris en exemple  au risque de commettre un hors-sujet.

Notions

Evénements

Personnages

Monarchie absolue

Monarchie de droit divin

Roi soleil

Mercantilisme

Commerce triangulaire

Manufactures

Cour du roi

Courtisans

Etiquette

Dîme

Privilèges

Intendants

Lettre de cachet

Tiers état

1638 : naissance de Louis XIV

1643 : mort de Louis XIII

1648 : fin de la guerre de Trente ans

1648-1653 : la Fronde

1661 : mort de Mazarin et début du règne personnel de Louis XIV. 

1661 : début de la construction du château de Versailles

1670-1679 : Bossuet rédige La Politique tirée des propres paroles de l’Ecriture Sainte, qui théorise la monarchie de droit divin.

1682 : installation de la Cour à Versailles

1684 : la décoration de la Galerie des Glaces est terminée

1685 : révocation de l’édit de Nantes

Milieu du XVIIIème siècle : publication de l’encyclopédie

Richelieu

Diderot

Le Nôtre

Vauban

Molière

Louis XIV

Colbert

Bossuet (théoricien de la monarchie

absolue de droit divin).

 

 

 L’intégration dans le paragraphe des connaissances de cours à mobiliser devra  se faire dans le respect des règles suivantes :

 

1-Tous les événements évoqués doivent être situés dans le temps.   Selon l’événement il pourra s’agir d’une date précise, d’une année ou même d’un siècle. 

 

2-Tout personnage évoqué doit être présenté en quelques mots afin de montrer au correcteur que vous savez de qui il s’agit et à quel titre il intervint dans l’Histoire.

                Exemple :

Ce qu’il ne faut pas faire : Robespierre justifie ainsi la Terreur.

Ce qu’il faut faire : Robespierre, député montagnard devenu le véritable chef du Comité de salut public, justifie ainsi la Terreur.

 

3-Les notions les plus importantes doivent être définies : le but est de montrer au correcteur que vous savez précisément de quoi vous parlez. Idéalement, toutes les notions

devraient l’être mais les contraintes de temps et de longueur  du paragraphe l’interdisent : il faut donc choisir judicieusement les notions à définir en commençant par celles

qui se trouvent dans l’intitulé du sujet.

Exemple : pour un sujet portant sur « La société sous l’Ancien Régime »,   la notion d’Ancien Régime devra  être définie prioritairement et nécessairement. Mais il est

également clair que d’autres notions devront l’être, telles celles d’ordre, de tiers-état  ou de privilèges.  

 

4-La définition de ces notions devra être présentée à l’occasion de sa première occurrence dans votre paragraphe sous forme d’une apposition ou de proposition: une définition

ne devra en revanche jamais être présentée sous forme d’une phrase interrompant le fil de votre argumentation.

                Exemple :  

Ce qu’il ne faut pas faire : les événements de l’année 1789 ont mis fin à l’Ancien Régime. L’Ancien Régime est le nom donné à l’organisation sociale et politique d’avant la Révolution, soit la société d’ordres et la monarchie absolue.

Ce qu’il faut faire : les événements de l’année 1789 ont mis fin à l’Ancien Régime, c’est-à-dire   à l’organisation sociale et politique d’avant la Révolution caractérisées par

  la société d’ordres et la monarchie absolue.

 

5-Les événements connus dans l’histoire sous un nom précis doivent être ainsi nommés 

                Exemples :   révocation de l’édit de Nantes – Serment du jeu de Paume – Prise  de la Bastille –Fuite à Varennes…

Ce qu’il ne faut pas faire : Louis XIV décida en 1685 d’annuler les dispositions adoptées en 1598 qui accordaient sous certaines conditions le droit de culte aux protestants.

Ce qu’il faut faire : Louis XIV décida en 1685 la révocation de l’édit de Nantes, édit adopté en 1598 par Henri IV  qui accordait sous certaines conditions le droit de culte aux protestants.

 

6-L’ordre chronologique doit être respecté au sein de chaque partie.

 

 

 

Exercice : tu trouveras dans le tableau suivant des   des extraits de paragraphes argumentés traitant comme sujet « la fin de la monarchie absolue en France ». Certains passages  

ne respectent pas une ou plusieurs des trois règles définies ci-dessus.   Si toutes les règles sont respectées, coche la colonne de gauche ; si ce n’est pas le cas indique le numéro

des règles non respectées dans la colonne de droite et souligne le passage concerné.  Tu signaleras chaque  passage qui ne respecte pas une des règles d’une astérisque ou en soulignant un groupe de mots.

Règles respectées

Une ou plusieurs règles non respectées

Les députés du tiers-état, rejoints par quelques députés des deux autres ordres,  se proclamèrent Assemblée nationale.  Ils se firent ensuite  la promesse de ne jamais cesser de se réunir tant qu’une constitution, c’est-à-dire un texte définissant l’organisation des pouvoirs, n’aurait pas été donnée au royaume. Le 9 juillet, l’Assemblée se proclama Assemblée nationale constituante.

Louis XVI,  roi de France,  renvoya le 11 juillet  Necker ce qui provoqua une insurrection dans la capitale. Le 14 juillet, les parisiens révoltés s’emparaient de la Bastille. 

Les députés du tiers-état, rejoints par quelques députés des deux autres ordres,  se proclamèrent Assemblée nationale le 17 juin 1789. Le Serment du jeu de paume eut lieu ensuite : les députés  se firent la promesse de ne jamais cesser de se réunir tant qu’une constitution n’aurait pas été donnée au royaume.  Une constitution est un texte qui définit l’organisation des pouvoirs dans un pays. L’Assemblée se proclama ensuite Assemblée nationale constituante. Mais Louis XVI, roi de France,  renvoya le 11 juillet  le ministre Necker, très populaire puisque favorable aux réformes voulues par le tiers-état ; ce renvoi  provoqua une insurrection dans la capitale. Le 14 juillet, les parisiens révoltés s’emparaient de la Bastille. 

Le 20 juin 1789   les députés  se firent la promesse de ne jamais cesser de se réunir tant qu’une constitution  n’aurait pas été donnée au royaume. Les députés du tiers-état, rejoints par quelques députés des deux autres ordres, s’étaient proclamés Assemblée nationale le 17 juin.  Mais Louis XVI, roi de France,  renvoya le 11 juillet  le ministre Necker, très populaire puisque favorable aux réformes voulues par le tiers-état ; ce renvoi   provoqua une insurrection dans la capitale. Le 14 juillet eut lieu la prise de la Bastille : les parisiens révoltés s’emparaient de cette forteresse symbole de l’arbitraire royal où était entreposée la poudre.   Le 9 juillet, l’Assemblée s’était proclamée Assemblée nationale constituante.

Les députés du tiers-état, rejoints par quelques députés des deux autres ordres,  se proclamèrent Assemblée nationale le 17 juin 1789. Le 20 juin eut lieu le Serment du jeu de paume: les députés  se firent la promesse de ne jamais cesser de se réunir tant qu’une constitution, c’est-à-dire un texte définissant l’organisation des pouvoirs, n’aurait pas été donnée au royaume. Le 9 juillet, l’Assemblée se proclama Assemblée nationale constituante. Mais Louis XVI, roi de France,  renvoya le 11 juillet  le ministre Necker, très populaire puisque favorable aux réformes voulues par le tiers-état ; ce renvoi   provoqua une insurrection dans la capitale. Le 14 juillet eut lieu la prise de la Bastille : les parisiens révoltés s’emparaient de cette forteresse symbole de l’arbitraire royal où était entreposée la poudre.  

 

4-Mobiliser les connaissances extraites des documents

 

Dans la première partie du devoir, vous avez répondu à des questions portant sur des documents: en répondant vous avez  trouvé des informations utiles pour traiter le sujet sur

 lequel porte le paragraphe argumenté; la mobilisation de ces informations sera un critère de l’évaluation de celui-ci.

Exemple 

Bossuet était un évêque très influent, le plus influent et écouté de France sous le règne de Louis XIV. Il fut entre 1670 et 1681 précepteur du dauphin de France, le fils de Louis XIV.  Dans l’ouvrage dont est extrait le texte suivant, publié seulement en 1709 mais rédigé à partir de 1667, il expose la théorie de la monarchie de droit divin qui fondait le pouvoir absolu de Louis XIV.

L’autorité royale est sacrée. Dieu établit les rois comme ses ministres et règne par eux sur le peuple. Les princes agissent donc comme ministres de Dieu, et ses lieutenants sur la terre. C’est par eux qu’il exerce son empire. Le trône royal n’est pas le trône d’un homme mais le trône de Dieu même.   Il paraît de tout cela que la personne des rois est sacrée, et qu’attenter sur eux est un sacrilège.  (…) Il y a donc quelque chose de religieux dans le respect  que l’on doit au roi et il lui faut obéir sans murmurer.

Bossuet, La Politique tirée des propres paroles de l’écriture, 1677.

 

 

Question- Comment, d’après Bossuet, le pouvoir absolu qu’exerce le roi est-il justifié ?

 Réponse attendue : selon Bossuet, qui rédigea en 1677 un ouvrage intitulé La Politique tirée des propres paroles de l’écriture, les rois, et donc Louis XIV « agissent comme

ministres de Dieu » et c’est « par eux » que Dieu « exerce son empire ».  Bossuet déduit de cette affirmation qu’il « faut obéir sans murmurer » au roi : le roi n’a donc pas

partager un pouvoir ; l’absolutisme est légitimé par la théorie de la monarchie de droit divin.

 

Les informations que cette question vous a invités à prélever dans ce document doivent se retrouver dans votre paragraphe. Certaines des citations utilisées dans cette réponse

 peuvent se retrouver dans le paragraphe.  En faisant cela, vous aurez montré au correcteur que vous avez bien compris le document, que vous êtes en mesure d’accroître vos connaissances par vos lectures et êtes  capables d’utiliser ces connaissances pour enrichir une argumentation.  

 

Voilà comment les connaissances extraites de ce document pourraient être intégrées dans la première partie du  développement :

 

Connaissances de cours

 

Louis XIV fondait le caractère absolu de son pouvoir monarchique sur l’origine divine de son pouvoir: comme ses prédécesseurs, Louis XIV avait été sacré roi dans

la cathédrale de Reims ; il avait reçu les regalia de l’évêque de Reims, lequel avait procédé à l’onction de nouveau roi. Cette onction signifiait que Dieu avait

 désigné le nouveau roi par le biais de l’Eglise.    Bossuet, le plus influent des évêques de France à la fin du XVIIème siècle qui rédigea en 1677 un ouvrage

intitulé La Politique tirée des propres paroles de l’écriture, les rois, et donc Louis XIV « agissent comme ministres de Dieu » et c’est « par eux » que Dieu « exerce son empire ».  L’évêque en déduit qu’il « faut obéir sans murmurer » au roi : le roi n’a donc pas à  partager un pouvoir ; l’absolutisme est légitimé par la théorie de la monarchie de droit divin.

Connaissances tirées du document

 

Exercice :  vous trouverez ci-dessus le texte du Serment du jeu de Paume puis quatre questions  corrigées portant sur ce document.  Vous allez devoir rédiger un paragraphe d’une dizaine de lignes faisant le récit des événements ayant conduit à la fin de la monarchie absolue (le récit couvrira la période allant du 5 mai 1789 au 14 juillet 1789).  Vous devrez intégrer à ce

récit des informations et des citations tirées de ce document.

« L’Assemblée nationale, considérant qu’appelée à fixer la constitution du royaume, opérer la régénération de l’ordre public et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu’elle

 continue ses délibérations dans quelque lieu qu’elle soit forcée de s’établir, et qu’enfin, partout où ses membres sont réunis, là est l’Assemblée nationale ;

Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l’instant, serment solennel de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution

du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution

inébranlable. »

Extrait sur serment du Jeu de Paume

 

 

1-Où, à quelle date et par qui ce serment a-t-il été prêté ? 

Le serment du jeu de paume a été prêté par les députés de l’Assemblée nationale dans la salle du jeu de Paume, à Versailles, le 20 juin 1789.

2-Quel but l’Assemblée nationale s’assigne-t-elle ?

L’Assemblée s’assigne comme buts de fixer « la constitution du royaume », c’est-à-dire de rédiger et d’adopter par un vote un texte définissant l’organisation et notamment  le partage des pouvoirs entre

le roi et l’assemblée. L’assemblée, en affirmant chercher à « maintenir les vrais principes de la monarchie » fait savoir qu’elle considère que ces vrais principes n’étaient plus respectés : il faut comprendre

que l’absolutisme n’était pas légitime.

3-L’Assemblée nationale souhaite-t-elle l’abolition de la monarchie ? Quel type de régime souhaite-t-elle ?

L’assemblée, en affirmant chercher à « maintenir les vrais principes de la monarchie » fait savoir qu’elle ne vise pas l’abolition de la monarchie. En revanche, puisqu’elle souhaite « fixer la constitution du royaume », elle vise la fin de l’absolutisme et l’instauration d’une monarchie constitutionnelle.

4-Quel serment se font les membres de l’Assemble nationale ? 

Les députés se firent le serment de poursuivre leurs travaux « partout où les circonstances l’exigeront »  jusqu’à ce que soit adoptée « la Constitution du royaume ».

 

 

 

 

5-Nourrir pertinemment le plan

 

Il s’agit de décider dans quelle partie devra être mobilisée chacune des connaissances de cours et autres informations tirées des documents.   Le mieux est de réaliser un tableau

qui comptera autant de colonnes qu’il y aura de parties dans le plan et de faire la liste des événements, des personnages, des notions et des informations et citations tirées des documents qui devront être mobilisées.   

 

Nous prendrons comme exemple ci-dessous le sujet « 1789 : la fin de l’Ancien Régime en France » dont voici le corrigé.

 

Document 1

 

« L’Assemblée nationale, considérant qu’appelée à fixer la constitution du royaume, opérer la régénération de l’ordre public et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu’elle

continue ses délibérations dans quelque lieu qu’elle soit forcée de s’établir, et qu’enfin, partout où ses membres sont réunis, là est l’Assemblée nationale ;

Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l’instant, serment solennel de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution

du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution

 inébranlable. »

Extrait sur serment du Jeu de Paume

  

1-Où, à quelle date et par qui ce serment a-t-il été prêté ? 

Le serment du jeu de paume a été prêté par les députés de l’Assemblée nationale dans la salle du jeu de Paume, à Versailles, le 20 juin 1789.

2-Quel but l’Assemblée nationale s’assigne-t-elle ?

L’Assemblée s’assigne comme buts de fixer « la constitution du royaume », c’est-à-dire de rédiger et d’adopter par un vote un texte définissant l’organisation et notamment  le partage des pouvoirs entre le

roi et l’assemblée. L’assemblée, en affirmant chercher à « maintenir les vrais principes de la monarchie » fait savoir qu’elle considère que ces vrais principes n’étaient plus respectés : il faut comprendre que l’absolutisme n’était pas légitime.

3-L’Assemblée nationale souhaite-t-elle l’abolition de la monarchie ? Quel type de régime souhaite-t-elle ?

L’assemblée, en affirmant chercher à « maintenir les vrais principes de la monarchie » fait savoir qu’elle ne vise pas l’abolition de la monarchie. En revanche, puisqu’elle souhaite « fixer la constitution du royaume », elle vise la fin de l’absolutisme et l’instauration d’une monarchie constitutionnelle.

4-Quel serment se font les membres de l’Assemble nationale ? 

Les députés se firent le serment de poursuivre leurs travaux « partout où les circonstances l’exigeront »  jusqu’à ce que soit adoptée « la Constitution du royaume ».

 

 

Document 2

 

Art. 1er L'Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal*.

Art. 3. Le droit exclusif de la chasse ou des garennes ouvertes est pareillement aboli, et tout propriétaire a le droit de détruire ou faire détruire, seulement sur ses possessions, toute espèce de gibier  (…).

Art. 4. Toutes les justices seigneuriales sont supprimées sans aucune indemnité (…)

Art. 5. Les dîmes** de toute nature(…)   sont abolies.

 

 Extrait du décret du 11 août 1789 adopté par l’Assemblée nationale, relatif à l’abolition des privilèges décidée dans la nuit du 4 août 1789

 

*Il s’agit de la société d’ordres des privilèges dont bénéficiaient le clergé et la noblesse.

**Taxes prélevées par l’Eglise sur la production agricole.

 

1-Quel  privilège  la noblesse perd-elle avec l’article 3 de ce décret ?   Quel  droit nouveau l’abolition de ce privilège cela donne-t-elle aux paysans ?

L’article 3 du décret du 11 août 1789 fait perdre à la noblesse le « droit exclusif de chasse » qui lui réservait le droit de chasser  le gibier au détriment des paysans qui se voyaient interdire cette pratique.  L’abolition de ce privilège accorde à tout « tout propriétaire », même aux simples paysans, le droit de chasser « toute espèce de gibier ».

2-Quel pouvoir les seigneurs détenaient-ils dans leurs seigneuries avant 1789 d’après l’article 4 ?

D’après l’article 4 du décret du 11 août 1789, les seigneurs détenaient jusqu’à cette date des « justices seigneuriales », c’est-à-dire le pouvoir de juger certains délits commis par les sujets dépendants de leur seigneurie.

3-Quel privilège le clergé perd-il ?

Le clergé perd le privilège que constituait le droit de percevoir des dîmes, c’est-à-dire le droit de percevoir des dîmes.

 

Document 3

Article 1er  - Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article v  - La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation.

Article VII -  Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites.

Article X - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

Article X I - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

Article XIV - Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement (…) 

Extraits de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, adoptée le 26 août 1789.

 

1-Les hommes naissaient-ils libres et égaux sous l’Ancien Régime ? 

Sous l’Ancien Régime, soit avant  1789, les hommes ne naissaient pas tous libres et égaux en droits : la persistance de l’esclavagisme dans les colonies toujours, régi par le Code Noir, faisait que nombre d’enfants naissaient dans la condition servile : les enfants d’esclaves devenaient esclaves et ne naissaient donc pas libres. En métropole, l’égalité en droit à la naissance n’existait pas en raison de la transmission héréditaire de l’appartenance à la noblesse, laquelle conférait des privilèges.

 

2-Quel article retire au roi le droit de décider seul la loi ? A qui appartient ce pouvoir dorénavant ?

L’article V, en stipulant que « la loi est l’expression de la volonté générale » puis en précisant qu’elle ne peut être formée que par les citoyens ou leurs représentants, prive le roi du pouvoir législatif dont il disposait largement sous l’Ancien Régime et le transmet à l’ensemble des citoyens, c’est-à-dire à la Nation devenue souveraine.

 

3-Quel article condamne l’arbitraire royal, c’est-à-dire le pouvoir dont disposait le roi avant 1789 de  condamner quiconque selon son bon vouloir?

L’article VII qui précise que personne ne peut être détenu ou condamné en dehors des « cas déterminés par la loi » met fin à l’arbitraire royal par lequel le roi pouvait faire emprisonner  qui bon lui semblait.

 

4-Quelles libertés sont garanties par les articles X et XI ? 

L’article X, en stipulant que personne ne peut être condamné pour ses « opinions, même religieuses », accorde la liberté de conscience aux citoyens: chacun peut penser, ou croire ce que bon lui semble. L’article XI assure la « libre communication des pensées et des opinions », soit la liberté d’expression, c’est-à-dire de dire, d’écrire et de publier ce que l’on pense ou croit sans  risque de pouvoir être condamné pour cela sauf en d’ « abus de cette liberté », lesquels cas sont déterminés par la loi.

Sujet :  tu rédigeras un paragraphe argumenté dans lequel tu expliqueras comment l’Ancien Régime a pris fin en France en 1789.  Il s’agira d’expliquer comment la monarchie absolue a pris fin, comment les privilèges et la société d’ordres ont été abolis et de présenter les nouveaux principes juridiques et politiques sur lesquels le nouveau régime devait être fondé.

Pour préparer correctement la rédaction du paragraphe, il faut réaliser rapidement un tableau qui comptera autant de colonnes qu’il y aura de parties ; en l’occurrence, le sujet invite à réaliser un plan en trois parties : 1-la fin de la monarchie absolue ; 2-la fin de la société d’ordres 3-Les principes juridiques et politiques du nouveau régime.   Dans chaque colonne, vous devrez faire la liste de toutes les connaissances de cours ainsi que des informations extraites des documents que vous utiliserez.    Dans le tableau donné en exemple ci-dessous, les connaissances de cours apparaissent en gras, celles qui sont extraites des documents sont soulignées.

La fin de la monarchie absolue La fin de la société d’ordres Les principes juridiques et politiques du nouveau régime

5 mai 1789 : ouverture des états généraux

Louis XVI - Vote par tête, vote par ordre.

17 juin : Assemblée nationale proclamée

20 juin : serment du jeu de Paume, lu par Bailly.

But des députés : maintenir la monarchie mais donner une constitution au royaume (utiliser q2 sur doc 1)

9 juillet : assemblée nationale constituante

11 juillet : renvoi de Necker

14 juillet : prise de la Bastille

17 juillet : La Fayette remet la cocarde à Louis XVI

 

Fin juillet 1789 : Grande Peur – Terriers brûlés – rappeler attentes des paysans dans cahiers de doléances.

Nuit du 4 août : abolition des privilèges : les nobles doivent payer des impôts

Décret du 11 août : utiliser q1, 2 et 3 sur doc. 2 : autres exemples de privilèges supprimés : chasse, justices seigneuriales, dîmes pour le clergé.

 

26 août 1789 : DDHC

Egalité en droit :   Article 1 (citer)

Liberté : article 1

Les 4 droits naturels et imprescriptibles (art.2)

Pouvoir législatif ôté au roi transmis à la nation souveraine (art. V)

Fin de l’arbitraire royal (art.VII)

Libertés de conscience et d’expression (art.X et XI)